Le management du transporteur montréalais Bombardier se montre confiant dans le succès de sa nouvelle gamme d’avions Cseries, censée concurrencer l’A380 d’Airbus (PA:AIR) et le 737 de Boeing (NYSE:BA). Sur le marché secondaire, les obligations poursuivent leur remontée.
Cette semaine, au Salon de Farnborough en Grande-Bretagne, se tient l’événement commercial le plus important de l’année pour l'industrie aérospatiale. Une « grande-messe » qui a lieu tous les deux ans, en alternance avec le salon du Bourget à Paris.
Un peu comme le salon de l’auto, l’événement donne l’occasion aux avionneurs de dévoiler leurs derniers modèles et d’engranger de nouvelles commandes. Bombardier, qui a présenté dimanche la version finale de son nouvel avion Cseries, a semble-t-il séduit les observateurs.
« Le salon a été une grande réussite pour Bombardier », a déclaré Ross Mitchell, vice-president des opérations commerciales de l’entreprise. « De nombreuses compagnies aériennes expriment leur intérêt pour les CSeries et nous sommes certains d'annoncer plus de commandes cette année », a-t-il ajouté.
Pour le moment, l’avionneur québécois n’a toutefois pas encore annoncé de nouvelles commandes. Selon le site d’informations canadien La Presse.ca, les dirigeants répètent qu'ils ne font pas d'effort particulier pour faire coïncider l'annonce de contrats avec les salons, et que les acheteurs potentiels attendent de voir comment se passera l'entrée en service du CS100 avant de passer des commandes.
On signalera toute de même qu'Air Baltic a confirmé l'acquisition de 20 avions CS300, dont le premier sera livré au quatrième trimestre. La compagnie lettone, déjà équipée d'avions Q400 de Bombardier, a ainsi confirmé qu'elle préférait les CSeries au Boeing 737 qu'elle exploite actuellement.
Premier vol ce vendredi pour le CS100
Pour rappel, les Cseries doivent permettre à Bombardier de percer sur le marché des moyen-courriers (de 100 à 150 passagers). Un marché qui est estimé à quelque 7.000 avions pour les vingt années à venir et qui est devenu le cheval de bataille de l'industrie mondiale du transport aérien.
Ces deux dernières décennies, le marché avait été dominé par Boeing et Airbus, qui ont joui d'une situation de quasi-duopole. Avec ses CS100 et CS300, Bombardier compte bien les concurrencer et redevenir le troisième constructeur de monocouloirs.
A noter que le CS100 fera son premier vol commercial ce vendredi 15 juillet et reliera Zurich à Paris. Le vol sera effectué par la compagnie Swiss (groupe Lufthansa (DE:LHAG)). Un aboutissement assurément pour cet appareil, dont le développement a coûté 5,4 milliards de dollars, soit 2 milliards de plus que prévu, et qui aura pris plus de deux ans de retard.
Son développement a d’ailleurs failli couler financièrement Bombardier, contraint cet hiver de faire appel à l’aide au gouvernement du Québec.
Les rendements obligataires se détendent
Sur le marché secondaire, les obligations poursuivent leur remontée entamée ces derniers mois, après avoir touché le fonds en début d’année.
A titre d’exemple, l’obligation remboursable en 2025 se traite désormais non loin des 90% du nominal, contre un cours de 60% en février. Son rendement annuel est ramené par la même occasion à 9,20%. La coupure est fixé à 2.000 dollars, ce qui implique donc un risque de change. L’emprunt est noté B dans la catégorie spéculative chez Standard & Poor’s.
En euro, Bombardier est présent sur l’échéance 2021 qui affiche un rendement annuel de 5,75%. La coupure est fixée à 100.000 euros en nominal.